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    Mercredi 27 Mai 2020

En ces temps de crise mondiale causée par la COVID-19, des milliers de chercheurs du Québec et du monde entier se mobilisent pour mieux comprendre et mieux intervenir. Dans ce contexte, PULSAR est amené à jouer un rôle important pour soutenir la communauté de recherche de l’Université Laval et de ses partenaires. 

Depuis la fin du mois de mars, trois nouveaux projets se sont associés à PULSAR pour faire avancer la science et la recherche en santé. En quelques semaines seulement, les équipes de recherche et celle de PULSAR ont réussi un tour de force: démarrer trois nouvelles études liées à la COVID-19 et débuter le recrutement en ligne des participants!

Ma vie et la pandémie au Québec (MAVIPAN)

Qui n’a pas ressenti ou vécu de changement depuis la mi-mars? Positifs ou négatifs, les effets de la pandémie nous touchent toutes et tous, de différentes façons. Et ce sont ces multiples impacts sur les personnes, les familles, les communautés et les acteurs du réseau de la santé que l’étude Ma vie et la pandémie au Québec (MAVIPAN) souhaite documenter. 

MAVIPAN

Menée par les quatre centres de recherche du CIUSSS de la Capitale-Nationale et appuyée par les directions cliniques du CIUSSS de la Capitale-Nationale, cette vaste étude a été mise en place rapidement afin de recueillir des données dès le commencement de la crise. 

«C’est tout un défi que les quatre centres de recherche et PULSAR se sont donné considérant l’urgence d’agir, qui plus est en temps de confinement. Un défi relevé avec brio, sous le sceau de l’excellence», souligne Annie LeBlanc, responsable du projet MAVIPAN et professeure à la Faculté de médecine de l’Université Laval, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence. 

L’équipe de recherche sondera la population à quatre périodes différentes : au moment fort de la COVID-19, lorsque la crise sera maîtrisée, après l'allègement des mesures de confinement et pendant la phase de rétablissement. À ce jour, 1715 participants ont répondu à l’appel! Pour participer, l’inscription se fait en ligne ici

Profil des professionnels de la santé en regard de la COVID-19

Si MAVIPAN s’adresse à l’ensemble de la population, le projet Profil des professionnels de la santé en regard de la COVID-19 cible quant à lui ceux et celles qui sont au premier plan dans la lutte à cette maladie: les professionnels du réseau de santé québécois. 

En situation d’urgence sanitaire, les individus confrontés directement à la maladie réagissent de diverses façons, et c’est normal : nous sommes humains avant tout! Si certains se sentent confiants et en sécurité, d’autres peuvent ressentir de la peur : peur de contracter le virus, peur de mourir ou encore peur de contaminer un proche. «Avec l’étude, nous voulions donner la parole aux professionnels de la santé afin d’une part de connaitre les caractéristiques de ceux ou de celles qui désirent s’impliquer, et d'autre part de ceux ou de celles qui désirent s'y soustraire. Ce projet désire aussi, par des entrevues virtuelles, connaitre le vécu des professionnels de la santé» explique Bruno Pilote, chercheur principal de l’étude et professeur à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. 

MAVIPAN

L’équipe de recherche souhaite donc entendre ce que nos infirmières, infirmières auxiliaires, préposés aux bénéficiaires, préposés à l'entretien ménager, médecins, ambulanciers et inhalothérapeutes ont à dire à propos de leur vécu des dernières semaines et celui qu’ils vivront dans les semaines à venir. En quelques semaines, déjà plus de 300 participants se sont inscrits à l’étude. 

À terme, le projet souhaite contribuer à la mise en place de meilleures stratégies de planification des effectifs au moment de faire face à une propagation rapide de la COVID-19, à une seconde vague de celle-ci ou toute autre pandémie avenir, voire même une catastrophe naturelle. Pour en savoir plus ou s’inscrire en ligne, consultez la page du projet sur le site PULSAR ou le site Web du projet


CoDE : Air – Évaluation du dilemme posé par la COVID-19 : intelligence artificielle et radiologie 

Le troisième projet à avoir rejoint PULSAR ces dernières semaines a des visées différentes mais tout aussi importantes: proposer un algorithme utilisant l’intelligence artificielle et des images radiologiques pour guider la prise de décision de choisir (triage) les patients COVID-19 qui recevraient une ventilation mécanique, dans un contexte de surcharge du système de santé.  

Il faut savoir que le Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec a émis des lignes directrices pour décider qui, en cas de surcharge, serait admis aux soins intensifs. Ce triage est basé sur une évaluation du risque de mortalité pour chaque individu, peu importe la raison pour laquelle il ou elle pourrait être admis aux soins intensifs. 

Or, cette évaluation n’est pas optimale pour les cas de COVID-19, car nous n’avons encore qu’une maigre idée des facteurs qui influencent la rémission des patients une fois admis à cette unité de soins, à plus forte raison pour les patients qui se retrouvent sous ventilation mécanique, ressource que l’on sait limitée. 

Imaginons que, dans une 2e vague plus marquée que la première, les soins intensifs des hôpitaux du Québec débordent (comme ce fut le cas en Espagne, à New York et en plusieurs autres endroits). Le Ministère déclare alors une situation de triage, et le protocole entre en jeu. 

Marie et Jean (noms fictifs) sont tous deux candidats à être admis aux soins intensifs, et tous deux ont besoin d’une ventilation, la première pour détresse respiratoire liée à la COVID-19, le second pour un trauma. Or, il ne reste plus qu’un seul ventilateur. À leur arrivée, le médecin est confronté à une décision déchirante: à qui offrir cet accès à la ventilation? 

Comme l’explique Simon Duchesne, chercheur principal de l’étude et professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval, ce scénario illustre bien le dilemme que pose la COVID-19 pour les équipes médicales: «En situation de pandémie, les intervenants peuvent être confrontés à des situations très difficiles en matière d’éthique professionnelle. Le Ministère met en place des comités pour prendre ces décisions, pour libérer les médecins au chevet des patients de devoir agir de façon arbitraire. Par contre, nous devons fournir à ces comités le plus d’information et d’évidences possible sur les probabilités de succès des interventions, afin qu’on oriente ces ressources limitées vers les patients qui ont le plus de chance d’en bénéficier». 

Avec ce projet, l’équipe de M. Duchesne et plusieurs co-chercheurs des sept plus gros groupes hospitaliers du Québec espèrent créer un algorithme qui aidera à guider ce choix en prédisant la réponse des patients atteints de COVID-19 à la ventilation. «Il demeure que la meilleure situation est, d’une part, de respecter les consignes de la Santé publique afin de ne pas tomber en surcharge; et d’autre part, d’augmenter la disponibilité de ces appareils dans nos hôpitaux. Ainsi, nous n’aurons pas à faire ces choix déchirants», précise le professeur Duchesne. 

À ce jour, des données sur plus de 100 patients hospitalisés aux soins intensifs et entubés ont été colligées, et les résultats préliminaires sont encourageants. Pour en savoir plus, visitez la page du projet sur le site de PULSAR. 


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